L’île des temps révolus

Il s’agit là de plantes préhistoriques qui ont toutes connu les dinosaures et qui n’ont pratiquement pas évolué depuis. Ce sont : les Cycadales, Ginkgo, Araucaria, Wollemia, Taxodium, Metasequoia…

Les Cycadales

Les plantes de cet ordre botanique ont vu apparaitre puis disparaitre les dinosaures. Elles existent depuis 250 millions d’années (fin de l’ère primaire) et n’ont quasiment pas changé d’aspect depuis.
Leur période de prédominance se situe au trias et au crétacé (-22 à -141MA)
Avec les fougères, le ginkgo et d’autres gymnospermes, elles formaient de vastes écosystèmes et servaient de nourriture aux herbivores de l’époque. Elles ont ensuite été évincées par les plantes à fleurs.

Actuellement, il existe environ 275 espèces de cycadales dans les régions tropicales et subtropicales du monde.

Les cycadales ne sont ni des palmiers, ni des fougères, mais un groupe à part car elles ne produisent pas de spores comme les fougères mais des graines comme les autres plantes dites supérieures.
Comme les conifères, les graines sont nues et non protégées par les parois d’un fruit. Elles font donc partie des Gymnospermes.

Biologie : Les graines apparaissent dans de grands cônes formés d’écailles. Il y a des pieds mâles qui produisent du pollen et des pieds femelles qui produisent des ovules. La pollinisation se fait par le vent ou par des insectes coléoptères, car ils sont apparus bien avant les abeilles et les papillons. La fécondation donne une graine à la paroi très dure, ce qui rend la germanisation difficile, qui peut être très longue, de 6 à 12 mois.

A chaque période de croissance, une seule feuille est formée chez les jeunes plantes. Ensuite, ce nombre augmente à l’âge adulte, une couronne d’une dizaine de feuilles se développe. La croissance est lente, elle peut être soit d’un an soit de deux.
Ces plantes peuvent devenir très vieilles et atteindre de grandes dimensions. Elles sont rarement ramifiées.

Le fait que ces plantes aient survécu si longtemps est du à leur toxicité. Toutes les parties de la plante sont toxiques. Les 2 substances propres aux cycadales, le cycasine et le macrozamine, ont une action dévastatrice sur le foie. Elles sont surtout présentes dans les feuilles.
L’homme a quand même réussi a les utiliser ! Plusieurs peuplades d’Asie et d’Afrique utilisent l’amidon contenu dans le tronc qui sert à la réserve de la plante. L’amidon doit être lavé et rincé pour en éliminer le poison. On obtient du « sagou » qui sert à faire du pain. C’est pourquoi, en Afrique du sud, les encephalartos sont appelés « arbres à pain » ou « sagoutiers ».

L’arbre aux 40 écus : Ginkgo biloba

Un des premiers représentants connus des Ginkgos proprement dits est le Ginkgo primigenia, déjà apparu au permien, la dernière partie de l’ère primaire, il y a 250 MA.
Le Ginkgo adiantoides, très proche de l’espèce actuelle, prospérait au Jurassique et au Crétacé (144 MA).
A la suite du cataclysme de la fin du secondaire qui a fait disparaitre les dinosaures, une seule espèce est retrouvée : le Ginkgo adiantoides.
Par la suite, les grandes glaciations successives du quaternaires font disparaître les ginkgos, sauf en Chine où il reste encore dans un tout petit territoire.

Il a été introduit au Japon et en Corée au 12ème siècle par des moines bouddhistes.
Depuis, la première floraison d’un ginkgo en Europe fut réalisée en 1794 au Royaume-Uni. En 1876, il est surnommé par Darwin « Le fossile vivant ».
En 1930, ont lieu les dernières observations de ginkgos sauvages dans une zone montagneuse de Chine centrale.
Actuellement, le ginkgo est considéré comme éteint dans la nature. Sa survie est due aux moines bouddhistes qui le vénéraient et l’ont planté près de leur temples. Il est même considéré comme sacré.

Noms vernaculaires :
Arbre aux pagodes : Planté près des pagodes en Asie, il était considéré comme protecteur pour conjurer le feu.

Arbre aux 40 écus : vient du chinois « yin kuo » qui signifie « fruit d’argent ».

Le cyprès chauve : Taxodium distichum

Le genre ne comprend que 3 espèces, toutes originaires des États-Unis d’Amérique ou du Mexique. Ces arbres poussent en zone humide et inondable et on la particularité de former des excroissances sur leurs racines : les pneumatophores. Ces parties sortent de l’eau pour « respirer » et apporter de l’oxygène aux parties immergées.

Taxoduium distichum est originaire du Sud Est des USA. Ce grand arbre peut atteindre jusqu’à 45 mètres de haut.
On l’appelle Cyprès chauve, car il perd ses feuilles à l’automne, après qu’elles aient viré au fauve.

 

Le pin de Wollemi : Wollemia nobilis

Cet arbre fut découvert en 1994 dans le parc naturel de Wollemi, environ 200 km à l’ouest de Sidney. Certains sujets y atteignent 40 mètres de hauteur.

C’est l’une des espèces les plus rares au monde ; seuls une centaine d’individus poussent dans la nature, dans un endroit tenu secret du parc australien. C’est pourquoi il est le sujet d’un programme mondial de conservation et, à ce titre, il a été multiplié et planté dans différents jardins botaniques dont le Parc Phoenix.

Il appartient à la famille des Araucarias dont les représentants abondaient au Jurassique et au Crétacé.

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